Pour le canton de Vaud, la récolte des données a été menée par VoGay.
L’enquête 2011 sur la santé des hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes et qui fréquentent les lieux de drague montre la plus grande vulnérabilité de ces derniers face au VIH. Il ressort aussi de cette enquête la nécessité de mieux prendre en compte la réalité de vie des hommes rencontrés et notamment concernant la stratégie de dépistage à leur proposer.
Une étude sur la santé des hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes
En 2011, Le Groupe sida Genève a coordonné une enquête de santé qui a pour but d’observer si les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH) et rencontrés sur des lieux de rencontre extérieurs (LRE) présentent des caractéristiques spécifiques, notamment en regard du VIH et des prises de risque. Cette enquête vise à mieux appréhender les besoins des hommes rencontrés afin d’adapter l’action des associations sur ces mêmes lieux.
Les données ont été recueillies, de mi-juin à fin juillet 2011, lors d’actions de prévention, à l’aide d’un questionnaire auto-administré anonyme, sur 15 LRE en Suisse (cantons de Genève, Vaud, Valais, Fribourg) et en France (départements de l’Isère -38 et de Haute Savoie -74). Les 565 hommes rencontrés durant la période d’administration se sont vus proposer de participer et 42% d’entre eux, soit 237 hommes, ont accepté.
Des résultats qui illustrent le contexte de vie spécifique des hommes rencontrés...
L’âge moyen des répondants est de 44 ans. 67% se définissent comme homosexuels, 25% bisexuels, 6% hétérosexuels et 2% ne se reconnaissent pas dans ces catégories (deux personnes ont précisé être transsexuelles).
Ces hommes se distinguent des répondants aux enquêtes de santé gay générales : par un grand nombre de partenaires sexuels masculins dans les 12 derniers mois (médiane 12), en particulier un grand nombre de partenaires avec qui la pénétration anale est pratiquée (médiane 5), un plus grand nombre de partenaires féminines (24% ont eu des partenaires féminines dans les 12dm) et un multi-partenariat plus fort (46% ont eu plus de 10 partenaires masculins dans les 12dm).
Leur exposition aux risques de transmission du VIH est élevée : 31% ont eu une pénétration anale non protégée avec un partenaire de statut différent ou inconnu dans les 12dm. 12% sont séropositifs pour le VIH et près d’un répondant sur 6 ignore son statut sérologique réel. 46% des répondants déclarent connaître la déclaration des experts suisses sur la non infectiosité des personnes en traitement, avirémiques et sans autres IST. 65% connaissent le traitement d’urgence (PEP - Prophylaxie Post-Exposition).
... Et qui orientent nos actions associatives ...
Ces résultats sont autant d’indicateurs pour soutenir une approche combinée de la prévention (réduction des risques sexuels, traitement, PEP, dépistage de proximité, régulier et accessible) dans une véritable logique de proximité, afin de permettre à chacun de construire la prévention qui lui convient.
Enfin, le haut niveau d’exposition au risque des hommes rencontrés soulève la nécessité d’accroître les ressources humaines et financières régionales et transfrontalières pour permettre d’augmenter la régularité de la présence associative dans les LRE.
...Comme la votre !
35 % des répondants déclarent être prêts à s’investir dans la lutte contre le sida. Pour certains, cela peut passer par un investissement dans une association. Pour d’autres, c’est sur le plan individuel, en pratiquant sa réduction des risques, en choisissant la prévention et le dépistage qui lui convient le mieux. Cela peut également se faire en luttant contre les discriminations présentes au sein de sa/ses communautés. Ou encore en nous rejoignant pour les actions de prévention sur les lieux de rencontre. Chacun à son niveau peut donc se mobiliser, pour soi comme pour les autres.
Et merci à tous ceux qui ont participé à cette enquête !

