Religion et Homosexualité :
Que dit la Bible ?

Un article rédigé à l’occasion des journées PREOS (Prévenir le rejet basé sur l’orientation sexuelle et/ou l’identité de genre).

Aujourd’hui, dans notre pays, des personnes lesbiennes, gays, bi ou transgenres (LGBT) vivent paisiblement et joyeusement, et c’est heureux ! Mais certaines souffrent de discriminations, de rejet, de jugements. Aujourd’hui, dans notre pays, le discours des Églises alimente trop souvent cette souffrance, soit en condamnant les personnes LGBT, soit en condamnant leurs pratiques dans une distinction très problématique entre être et faire.

Est-ce vraiment la Bible qui inspire aux chrétiens une telle attitude ?

Alors que l’homosexualité dont parlent les textes bibliques ne désigne pas la même réalité sociale qu’aujourd’hui. Alors que ce n’est pas l’homosexualité comme telle qui est le fond du problème pour la Bible, mais la mise en question de l’ordre social, familial ou clanique d’alors (Lévitique 20), la violation des règles d’hospitalité (Genèse 19), l’idolâtrie et l’orgueil qui veulent dominer l’autre (Romains 1). Bien plutôt, la Bible ne cesse d’inviter à lutter contre le rejet de celui ou celle qui est différent (Esaïe 58) ; le Christ ne cesse de questionner les préjugés de son temps en allant à la rencontre des gens mis en marge et en guérissant le regard de ceux-là même qui condamnent ; Paul invite à reconnaître notre commun statut de fils et filles de Dieu alors même que nous sommes différents, nous conviant à discerner d’abord le lien que ce qui sépare (Galates 3).

L’Évangile nous met en route pour que nous déployons nos efforts afin non seulement de lutter contre le rejet des personnes LGBT, mais de nous réjouir de l’amour qui peut se vivre dans ces couples ; non seulement de refuser de cataloguer l’autre, mais de nous donner les moyens d’accueillir avec joie la diversité humaine voulue par Dieu ; non seulement de ne pas prier pour demander la « guérison » des personnes LGBT, mais de prier pour demander la bénédiction de Dieu sur ces personnes. Nous comme Églises devons mettre nos forces au service de ce qui diminue la souffrance et pas de ce qui l’alimente. Résolument. Car se taire, c’est déjà dire quelque chose.

Nicolas Charrière, pasteur, membre du groupe religions de PREOS.

in Croire, novembre 2011


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