Groupe Jeunes

Le Groupe Jeunes s’adresse à tou•te•s les jeunes de moins de 25 ans qui s’identifient comme homo/bi-sexuel•le•s et/ou trans’ ou qui s’interrogent sur leur orientation sexuelle et/ou leur identité de genre.

Le Groupe Jeunes se donne pour objectif de leur fournir un espace de dialogue et de convivialité, au sein duquel la confidentialité et la sécurité sont garantis et où le jugement n’est pas de mise.

Dans ce lieu protégé, chacun•e peut venir partager ses doutes, ses expériences (positives ou négatives) et ses questions afin de trouver ensemble les informations et les outils permettant à chacun•e de se définir, de s’accepter et de se construire sereinement.


Quand ? Où ?

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Agenda des Rencontres
du Groupe Jeunes

dans tout le canton
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Quoi ?

Les soirées peuvent prendre différentes formes : discussion au local, sortie (ciné ou balade), repas, visionnage d’un DVD… Il est également possible que la soirée soit thématisée avec la venue d’un•e ou plusieurs intervenant•e•s venu•e•s parler d’un sujet particulier.

Si tu souhaites entrer en contact avec le coordinateur du groupe pour lui poser des questions, tu peux lui adresser un email jeunes vogay.ch ou le joindre via ce numéro : 076 558 90 82 (tu peux l’appeler ou lui envoyer un SMS). Si tu le souhaites tu peux le rencontrer en tête à tête avant d’éventuellement rejoindre le groupe. Il pourra alors te présenter aux autres et inversement te les présenter afin de facilité ton insertion.

Si tu ne te sens pas encore prêt à intégrer le groupe mais que tu as des questions ou que tu souhaites parler avec quelqu’un de ce que tu vis, tu peux également contacter Accueil et Écoute  :

  • ecoute vogay.ch.
  • Répondant    : 079 310 31 78
    Répondante  : 078 685 31 41
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Groupe Jeunes - Charte de participation

Si tu n’es pas encore prêt•e à en parler, voici quelques pistes de réflexion qui pourraient t’amener à trouver la réponse à certaines des questions que tu te poses.


Est-ce que je suis homo/bi-sexuel•le ?

La puberté est une période de changements physiques et psychiques. Ceux-ci amènent tous les jeunes à s’interroger sur ce qu’ils éprouvent vis-à-vis d’eux-mêmes et des autres.

Ainsi l’adolescence est souvent l’âge des premiers sentiments amoureux et des premières attirances. Ceux-ci s’établissent majoritairement entre des personnes de sexe différent. Mais il arrive, plus souvent qu’on ne le dit, que des personnes éprouvent ces mêmes sentiments et cette même attirance envers une personne de leur sexe. Se pose alors la question de l’orientation sexuelle et de tout ce que celle-ci peut impliquer.

Le fait d’avoir une attirance pour une personne du même sexe, ou même d’avoir une expérience sexuelle avec elle, ne suffit pas à définir une orientation sexuelle de manière certaine et définitive.

A l’adolescence c’est une chose assez courante et cela ne présage pas forcément que cela se prolongera à l’âge adulte. Des jeunes qui ont eu des attirances/expériences homosexuelles se sont finalement définis comme hétérosexuel•le•s alors qu’à l’inverse, des personnes n’ayant pas eu de telles expériences se sont finalement définies comme homo/bi-sexuel•le•s ou plus tard, à l’âge adulte.

Une personne ne connaît pas forcément son orientation sexuelle du jour au lendemain. Il s’agit d’un pan de l’identité qui, comme les autres, se définit le plus souvent progressivement au fur et à mesure que l’on se découvre et cela ne se termine pas avec l’adolescence.

L’homo/bi-sexualité n’est pas un choix, pas plus que ne l’est l’hétérosexualité. Notre orientation sexuelle s’impose progressivement à nous à un âge ou à un autre. Cela peut prendre du temps et fluctuer avec les années pour certains alors que pour d’autres, la chose paraît claire dès le départ. Quoi qu’il en soit, elle ne saurait être influencée où modifiée par l’extérieur. Tu es le seul à pouvoir savoir qui tu es. Ainsi, on ne « devient » pas homo/bi-sexuel•le sous l’effet de mauvaises fréquentations, expériences ou habitudes. Il est également impossible de la faire changer par un « traitement » quel qu’il soit.

Le seul choix qui s’offre à chacun est celui d’accepter ou non ce que l’on ressent et donc d’accepter ou non le fait que l’on puisse être homo/bi-sexuel•le. Refuser ou nier ce que l’on éprouve n’est pas ce qu’il y a de mieux car c’est refuser qui l’on est. Un tel déni amène malheureusement beaucoup d’ homo/bi-sexuel•le•s et de personnes en questionnement à la dépression voire à une tentative de suicide.

La première étape consiste donc à prendre conscience et à accepter son homo/bi-sexualité (ce que l’on appelle le Coming in). C’est une étape qui peut être longue et difficile mais qui est nécessaire pour savoir qui tu es et donc établir les bases sur lesquels tu pourras t’appuyer pour déterminer celui/celle que tu deviendras.

Mais il n’est pas toujours simple d’interpréter ou d’assumer ce que l’on ressent et il est parfois nécessaire d’en parler avec quelqu’un pour avoir un regard extérieur. C’est ce que propose VoGay aux jeunes en questionnement via sa ligne Accueil et Écoute et/ou son Groupe Jeunes . Tu peux ainsi en parler à un professionnel expérimenté ou bien avec d’autres jeunes de ton âge qui se posent ou se sont posé les mêmes questions.


Est-ce que je suis le/la seul•e ?

La réponse est bien sur non. Les études sur la question concluent que 5% à 10% de la population s’identifie comment homo/bi-sexuel•le à l’âge adulte. Mais les personnes s’interrogeant à un moment ou à un autre sur leur orientation sexuelle sont bien plus nombreuses en particulier dans leur jeune âge. Reporté à l’échelle d’une classe de 30 élèves cela représente 2 à 3 jeunes. Dans un établissement de 1000 élèves, 50 à 100 d’entre eux se définiront finalement comme homo/bi-sexuel•le•s.

Le sentiment de solitude que tu peux éprouver vient en bonne partie du fait que l’homo/bi-sexualité ne se lit pas sur le visage et que la majorité des homo/bi-sexuel•le•s ne se revendiquent pas comme tel et en particulier les plus jeunes.

Contrairement à ce que certains voudraient nous faire croire, tous les garçons homo/bi-sexuels ne sont pas « efféminés » et toutes les filles homo/bi-sexuelles ne sont pas « masculines » (et inversement tous les garçons « efféminés » et les filles « masculines » ne sont pas homo/bi-sexuel•le•s). Il est très difficile de connaître l’orientation sexuelle d’une personne par la simple observation de sa manière de se tenir, de bouger, de parler, de s’habiller… Une telle affirmation ne reposerait que sur des préjugés.

Le fait que les homo/bi-sexuel•le•s ne l’affichent pas tous tient essentiellement à la peur d’être injurié•e•s, discriminé•e•s, exclu•e•s voir violenté•e•s en raison de leur orientation sexuelle.

Il y a aussi le fait que l’homo/bi-sexualité est rarement présentée comme des possibilités que ce soit à l’école ou dans les media.

A travers son Groupe Jeunes , VoGay cherche justement à fournir à tout ces jeunes homo/bi-sexuel•le et à tou•te•s ceux/celles qui simplement se questionnent sur leur orientation sexuelle un espace protégé où ils pourront se rencontrer et ainsi briser ce sentiment de solitude et d’isolement.

Il existe bien d’autres lieux pour rencontrer des homo/bi-sexuel•le•s (bars, saunas...) mais ceux-ci ne sont pas forcément ouverts aux mineurs et pas toujours idéaux pour les nouveaux venus en particulier les plus jeunes. Faute d’expérience, tu pourrais te retrouver dans des situations que tu ne cherchent pas vraiment. Le Groupe Jeunes est lui réservé aux jeunes de ton âge et sans autre objectif que de te permettre de rencontrer d’autres jeunes qui sont ou qui ont été dans la même situation que toi.


Est-ce que je suis normal•e ?

« Heterosexuality isn’t normal ; it’s just common. »
                                                            Derek Jarman

Si l’homo/bi-sexualité est minoritaire, elle n’en est pas pour autant « anormales ». Les gauchers sont largement minoritaires par rapport aux droitiers, sont-ils pour autant « anormaux » ? Être homo/bi-sexuel•le c’est simplement être différent•e de la majorité de ses camarades. Mais nous sommes tous uniques et donc d’une façon ou d’une autre tou•te•s différent•e•s les un•e•s des autres. L’homo/bi-sexualité ne sont d’ailleurs plus considérées comme des maladies par l’OMS  [1] ni par le monde de la psychiatrie.

Ce sentiment d’ « anormalité » sinon d’« infériorité » vient de l’image de l’homo/bi-sexualité qui est véhiculée dans la société. En effet, si aujourd’hui l’homo/bi-sexualité ne sont plus des sujets tabous, si on en parle plus souvent dans les media et si les homo/bi-sexuel•le•s ont acquis une certaine reconnaissance, notamment à travers l’acquisition de certains droits, l’homo/bi-sexualité n’est toujours pas totalement acceptée. Cela se traduit notamment par une image stéréotypée dans l’esprit des gens qui n’a finalement pas grand-chose à voir avec ce que vivent la majorité des homo/bi-sexuel•le•s. Les homo/bi-sexuel•le•s sont encore aujourd’hui présenté•e•s comme des personnes marginales avec des modes de vie et des mœurs particulières.

Lorsque l’on se découvre homo/bi, on n’a pas toujours envie de se distinguer des autres jeunes de son âge et encore moins de ressembler à ces homo/bi caricaturaux. Ce qu’il faut comprendre c’est qu’il n’y a pas qu’une seule façon de vivre son homo/bi-sexualité , comme il n’y a pas qu’une seule façon de vivre son hétérosexualité d’ailleurs. Tous les homo/bi-sexuels ne sont pas « efféminés », ni des travestis, pas plus qu’ils ne passent tous leurs nuits en boîte ou dans des lieux de drague pour y rencontrer un autre homme avec lequel ils ne passeront qu’une nuit. De même, toutes les homo/bi-sexuelles ne sont pas des « camionneuses » à l’allure « masculine » .

Si tu rejoins le Groupe Jeunes , tu pourras y rencontrer d’autres jeunes dans ta situation et tu pourras alors constater qu’ils sont comme toi et comme tous les autres jeunes de ton âge à la seule différence prêt qu’ils/elles sont, peut-être, homo/bi-sexuel•le•s.

« Être hétérosexuel•le c’est aimer une fille ou un garçon....

Être homo/bi-sexuel•le c’est la même chose. »


Pourquoi est-ce que je suis comme ça ? Les origines de l’homo/bi-sexualité.

L’homo/bi-sexualité a toujours existé et ce partout dans le monde (pas seulement chez les humains mais également dans bon nombre d’autres espèces).

La seule chose qui change en fonction des pays et des époques, c’est la manière dont elles sont acceptées ou non par la société.

Dans l’histoire et encore aujourd’hui il y a des civilisations, des sociétés ou des pays où l’homo/bi-sexualité sont ou étaient partiellement voire totalement intégrées à la structure sociale.

Aujourd’hui, il existe des pays où les couples de même sexe ont exactement les mêmes droits que les autres citoyens (notamment le droit de se marier et d’adopter des enfants...).

Il n’y a à ce jour aucune explication scientifique expliquant la détermination de l’orientation sexuelle. Depuis bien longtemps, bon nombre de scientifiques ont cherché et d’autres cherchent encore aujourd’hui LA cause de l’homo/bi-sexualité.

Les recherches sur une cause innée (essentialiste) de l’homo/bi-sexualité ne sont pas concluantes. Que ce soit les recherches d’un gène de l’homo/bi-sexualité ou celles portant sur une autre cause biologique (hormones, chimie ou anatomie du cerveau) aucune n’a apporté de résultat incontestable.

Le courant existentialiste, c’est-à-dire celui d’une origine acquise de l’homo/bi-sexualité, n’a pas plus de réussite. Les explications psychiatriques et/ou psychanalytiques cherchant une cause dans le développement de l’enfant, influencé par son éducation et l’environnement dans lequel il a évolué, sont largement remises en cause pour ne pas dire totalement infirmées. D’ailleurs, l’homo/bi-sexualité n’est plus considérée comme une pathologie mentale au niveau international.

L’explication ne semble donc pas ses trouver dans la biologie pas plus qu’elle ne se trouve dans l’éducation.

Les facteurs déterminants l’orientation sexuelle restent donc inconnus. La seule chose qui semble être acquise c’est qu’il n’y a pas de responsable (et encore moins de coupable) à désigner. Ce n’est pas plus la « faute » des parents que celle de l’enfant homo/bi-sexuel•le.

Une autre certitude qui se dégage des recherches du passé, c’est que l’orientation sexuelle n’est en rien un choix et qu’elle ne saurait être modifiée.

Tous ceux qui s’y sont essayés ont échoué. La psychanalyse, les traitements hormonaux, les électrochocs et autres lobotomies sont restés sans résultat sur ce point.

Là où la science a échoué, la religion n’a guère été plus efficace : les prières, exorcismes et autres cures de « guérison » par la foi ne sauraient agir sur l’orientation sexuelle.

L’orientation sexuelle n’est que l’une des nombreuses facettes qui définissent une personne et une personnalité. Rechercher une cause de l’homo/bi-sexualité indique une volonté de comprendre la genèse de l’orientation (homo/bi)sexuelle et peut-être par là un moyen de la changer. Mais pourquoi vouloir changer cela ? En quoi le fait d’être homo/bi-sexuel•le serait-il une tare qu’il faudrait « soigner » ? L’orientation sexuelle ne conditionne pas l’épanouissement d’une personne et sa capacité d’accéder au bonheur.

Donc, ce qui est finalement important n’est pas tant de savoir pourquoi on est homo/bi-sexuel•le mais plutôt de savoir comment vivre une vie et une sexualité positives.


Est-ce que je dois en parler ou pas ?

Il n’y a aucune obligation d’en parler. Tu es le/la seul•e à pouvoir décider si tu veux en parler ou non. Tu es également le/la seul•e à décider quand et comment informer les personnes que tu auras choisies d’informer. Nul n’a le droit de faire ces choix à ta place. Mais il est toujours préférable que les personnes (en particulier celles auxquelles tu tiens) soient informées par toi plutôt que par quelqu’un d’autre.

Avant tout chose, il faut se sentir tout à fait prêt à l’annoncer et à faire face à toutes les réactions et les conséquences possibles. En effet, même si dans la très grande majorité des cas les choses se passent plutôt bien (souvent bien mieux qu’on ne le pensait), il est possible que les premières réactions à l’annonce soient un peu vives (même si le plus souvent cela s’arrange par la suite). Il faut être suffisamment sûr•e de soi pour entendre des mots parfois durs et pour expliquer à son interlocuteur/trice que l’on est toujours la même personne et que si on partage avec lui/elle cette information c’est parce que l’on tient à lui/elle et que l’on a envie qu’il/elle nous connaisse vraiment, sans secret ni mensonge. C’est une preuve de confiance et d’amour.

Il ne faut pas faire ton Coming Out parce que l’on te pousse à le faire mais parce que tu en as envie et/ou que tu en éprouves le besoin. Le principal objectif du Coming Out est de se libérer du poids du secret et/ou du mensonge. C’est de pouvoir enfin être totalement soi-même sans avoir à se soucier de masquer cette partie de soi.

En parler c’est également se constituer un « réseau d’alliés » a qui l’on pourra se confier quand ça ne va pas (après une peine de cœur par exemple) et qui pourront te soutenir et/ou te venir en aide si tu venais à être confronté à des manifestations d’homophobie comme des violences verbales (injures), psychologiques (harcèlement) ou même physiques qui malheureusement peuvent se produire encore aujourd’hui. En parler, c’est également ne plus avoir à affronter cela tout•e seul•e.

Si tu viens au Groupe Jeune, tu pourras entendre les témoignages de ceux/celles qui ont déjà fait leur Coming Out. Tu verras que les histoires sont toutes différentes mais que finalement le résultat est souvent le même : les personnes qui nous aimaient vraiment avant de savoir nous aiment toujours une fois informées et on se sent souvent soulagé.


A qui, quand et comment en parler ?

Tu es le/la seul•e à décider qui tu souhaites informer, quand et comment le faire.

Il n’existe pas de recette toute faite pour s’assurer un Coming Out réussi. Tout au plus nous pouvons te donner quelques pistes sur ce qu’il est possible de faire et ce qu’il est préférable d’éviter.

Tu es le/la seul•e à savoir si tu es suffisamment proche d’une personne et si tu as suffisamment confiance en elle pour lui confier cette information. Si tu n’es pas sûr•e de sa position sur la question, tu peux toujours la « tester » en abordant le sujet de manière détournée en parlant de l’actualité. Aujourd’hui, les films, téléfilms, séries, livres, émissions de télévision, reportages au TJ… traitant plus ou moins directement de l’homo/bi-sexualité sont suffisamment nombreux pour te permettre d’aborder le sujet sans que l’on suspecte que la question te concerne personnellement. Cela te permettra de connaître l’opinion générale que peut avoir une personne de ton entourage.

Une telle conversation, si elle est utile, n’est pas une finalité en soi. Elle te permettra seulement de savoir où les personnes en sont de leur tolérance/acceptation de l’homo/bi-sexualité en général. Cela te permettra de savoir si tu peux leur parler de ton orientation et estimer qu’elles pourraient être leurs réactions au moment où tu le feras. Tu connaîtras également leurs arguments ce qui te permettra de préparer les réponses que tu pourras donner.

Mais si cette conversation générale permet de préparer le terrain, elle ne remplacera jamais le véritable Coming Out c’est à dire cette conversation de personne à personne durant laquelle tu annonceras TON homo/bi-sexualité.

Il est préférable de choisir un moment où tu es prêt•e, calme et seul•e en tête à tête avec la/les personnes à qui tu as décidé de le dire. Il ne faut pas faire ça sur un coup de tête et certainement pas sous le coup d’une forte émotion (colère, tristesse…). Choisis un endroit où vous serez tranquilles et sûr•e•s de ne pas être interrompu•e•s et/ou écouté•e•s. Il faut être conscient• qu’une telle annonce amènera forcément beaucoup de questions et qu’il est préférable de prévoir le temps nécessaire pour y répondre longuement.

Mentir ou ne rien dire est toujours possible. Mais mener une double vie devant les personnes qui te sont le plus proche est une situation inconfortable qui devient souvent insupportable avec les années. Leur dire la vérité, c’est être honnête avec eux/elles, leur donner une preuve de confiance et d’amour et se libérer d’un poids. C’est pouvoir vivre librement tel•le que tu es et construire une relation saine avec ceux que tu aimes et qui t’aiment comme tu es.

  • En parler à mes ami•e•s ?

Ses ami•e•s on les choisit et on développe avec eux une certaine complicité. Un•e véritable ami•e nous apprécie pour ce que l’on est et non pour ce que les autres peuvent penser ou dire de nous. Le fait d’annoncer son homo/bi-sexualité à un•e ami•e ne devrait pas avoir d’influence sur notre relation. Cela ne veut pas dire qu’il/elle l’acceptera forcément tout de suite. Comme il t’a fallu du temps pour l’accepter, il est possible qu’il lui faille également un peu de temps pour digérer l’information. Après l’annonce, c’est à toi de lui expliquer que le fait que tu sois homo/bi-sexuel•le ne change rien et que tu es toujours celui/celle qu’il/ elle appréciait.

  • En parler à des professionnel•le•s ?

Il existe des professionnel•le•s avec qui tu peux en parler et qui sont lié•e•s par le secret professionnel c’est à dire qu’ils n’ont pas le droit d’en parler à quelqu’un d’autre sans ton accord. C’est le cas des médecins, des psychologues et des infirmiers/ères scolaires. Si tu ne te sens pas bien et que tu éprouves le besoin d’en parler, tu peux aller vers ces personnes qui ont été formées pour aider les jeunes et répondre à leurs questions et notamment celles que tu n’oserais pas poser à d’autres.

Si tu es proche d’un•e autre adulte, que tu as confiance en lui/elle et que tu le/la sais ouverte sur le sujet, tu peux également lui en parler. Il peut s’agir d’un•e enseignant•e, d’un•e médiateur/trice scolaire, d’une assistante sociale, d’un•e entraineur/euse sportif/ve … Un•e adulte que tu fréquentes régulièrement à l’école ou dans ta vie et qui sera prêt•e à écouter tes confidences en privé.

Tu peux également trouver une oreille attentive auprès de l’association VoGay. La ligne d’Accueil & Écoute est là pour répondre à toutes tes questions et pour t’aider à avancer dans tes réflexions. Enfin, tu peux partager ton expérience avec d’autres jeunes au sein du Groupe Jeunes qui est encadré par un professionnel.

  • En parler à la famille ?

Si tu as un parent (frère, sœur, oncle, tante, cousin…) avec qui tu t’entends particulièrement bien, à qui tu fais confiance ou que tu sais ouvert sur la question, tu peux lui parler comme tu le ferais avec un•e ami•e (cf. supra). Ainsi, si tu en éprouve le besoin, ce•tte proche pourra te soutenir le jour où tu feras ton annonce à tes parents. Il/Elle pourra servir de médiateur le cas échéant.

  • En parler à mes parents ?

Dire son homo/bi-sexualité à sa famille et en particulier à ses parents devrait être simple parce que ce sont les personnes qui nous connaissent le plus et qui devraient donc nous comprendre le mieux. Ce n’est malheureusement pas toujours aussi si simple.

Tous les parents font des projets pour leurs enfants avant même leur naissance et l’homo/bi-sexualité est rarement un paramètre envisagé. Le plus souvent, ils projettent sur leur enfant leur propre expérience de vie, donc hétérosexuelle. Qui n’a jamais entendu un parent parler de ses espoirs de carrière, de mariage et de famille pour son enfant ?

En découvrant son homo/bi-sexualité, un jeune se rend compte qu’il ne correspondra jamais à cet enfant que ses parents ont toujours espéré. Il pourra alors ressentir une sorte de culpabilité, il aura la peur de décevoir ses parents et de leur faire de la peine sinon de leur faire honte. Il/elle redoutera alors que ses parents l’aiment moins voir plus du tout. Ce dont tu dois avoir conscience c’est que les enfants réalisent rarement les projets que leurs parents avaient pour eux. Tu es le seul à savoir qui tu es, qui tu as envie de devenir et tu n’es en rien responsable si tu n’accomplis pas les projets que tes parents avaient prévus pour toi.

Nul ne peut t’obliger à devenir hétérosexuel•le, champion•ne de tennis ou médecin. Nul ne peut t’imposer des valeurs qui ne te correspondent pas, qu’elles soient politiques, morales ou religieuses. C’est à toi et à toi seul•e de te définir en fonction de ce que tu es, de ce que tu ressens et de ce que tu penses être le plus juste et le meilleur pour toi. Tu n’as pas à tout accepter et à te laisser imposer les choses comme des vérités absolues et inébranlables. Tu dois apprendre à développer ton esprit critique et à te faire ta propre opinion. C’est aussi cela devenir adulte.

Au moment où tu annonceras ton homo/bi-sexualité à tes parents, il est probable que ce soit un choc pour eux. Il ne faut donc pas prêter trop d’importance à leur première réaction qui sera dictée que par une vive émotion (certains pleurent, d’autres crient et d’autres encore restent comme prostrés durant un moment…) et qui ne présage pas toujours de l’avenir de votre relation.

Cela est essentiellement du au fait qu’ils ne s’y attendaient pas, qu’ils n’avaient pas prévu cette éventualité ou qu’ils l’avaient inconsciemment écartée. Ils vont devoir faire le deuil de certains projets qu’ils avaient faits pour toi parfois avant même ta naissance.

Il y a aussi le fait qu’ils ignorent certainement tout de la réalité homo/bi-sexuelle et que les seules références dont ils disposent sont celles transmises par la société et les media avec tous les préjugés que cela peut impliquer. Ils risquent alors d’avoir peur pour toi, non pas parce que tu es homo/bi-sexuel•le mais parce qu’ils ignorent ce que sera ta vie étant donné qu’elle ne correspond pas à celle qu’ils ont eux-mêmes vécue. Ils auront également peur des difficultés que tu pourras être amené•e à rencontrer ou à affronter en raison de ton homo/bi-sexualité.

C’est à toi de leur faire comprendre que tu es toujours le/la même, que le fait que tu sois homo/bi-sexuel•le ne change fondamentalement rien à l’enfant qu’ils ont toujours aiméE et qu’il a donc peu de chance que tu correspondent totalement à l’image stéréotypée qu’ils peuvent avoir des homo/bi-sexuel•le•s.

Mais tout comme il t’a fallu du temps (parfois des années) avant de l’accepter, tu dois comprendre que tes parents vont également avoir besoin de temps et d’aide avant d’intégrer totalement l’information et ce qu’elle implique. N’oublie pas qu’ils vont aussi devoir assumer cela devant le reste de la famille et devant les autres gens un jour ou l’autre et qu’ils ne l’ont pas demandé. Tu dois être prêt•e à répondre à leurs questions, à dissiper leurs craintes. Tu dois également être prêt•e à accepter qu’ils aient besoin de prendre un peu de distance avec toi pour digérer l’information, réfléchir et s’informer de leur côté exactement comme toi as eu besoin de le faire du tien avant de leur parler. Mais, s’il faut leur laisser du temps, il ne faut pas non plus que le silence sur le sujet se prolonge éternellement au risque de devenir un tabou. Si tes parents ne reviennent pas vers toi, ce sera à toi de retourner vers eux pour leur proposer d’en parler, en te présentant comme prêt•e à répondre à leurs questions du moment que celles-ci n’empiètent pas sur ton intimité (à toi de poser les limites).

Souvent, un enfant a une relation privilégiée avec l’un de ses parents. Le plus souvent il s’agit de la maman. Il apparaît donc plus facile de se confier à elle mais sans le faire auprès du papa. Mais en faisant cela, tu risques de placer ta maman dans une situation inconfortable. Elle sera alors tiraillée entre le secret que tu lui aura confié et son besoin d’en parler et en particulier avec ton papa. S’il peut-être utile d’en parler d’abord à ton parent qui te semble le plus ouvert afin de t’assurer de son soutien, cela ne doit être qu’une étape avant d’en parler au second. Pour cette question comme pour d’autre, une famille doit rester unie et soudée.

Si tes parents éprouvent le besoin d’en parler avec une personne extérieure, tu peux leur indiquer les coordonnées du Groupe Parents de Vogay. Ils y trouveront l’écoute et le soutien dont ils ont besoin auprès de personnes qui sont passées par le même chemin lorsque leurs propres enfants ont fait leur Coming Out.


La sexualité !?

Dans le domaine de la sexualité comme dans ceux des sentiments il n’y a pas de grandes différences si les partenaires sont de même sexe ou de sexes différents. On se sent attiré par l’autre. Ce désir de l’autre, quelque soit son sexe, est la première étape de la sexualité. C’est parfois un sentiment vague, étrange, qui prend de l’intensité avec le temps.Viendra ensuite, un jour, le premier acte sexuel, qui peut donner du plaisir ou parfois provoquer un sentiment de dégoût. Ce sentiment désagréable passe avec le temps et il est étroitement lié à un sentiment de culpabilité lui-même lié à certaines valeurs qu’on nous a transmises dans notre éducation « hétérosexuelle » mais qui finalement ne nous appartiennent pas vraiment.

La chose la plus importante à retenir c’est que tu es le/la seul•e à décider avec qui tu souhaites avoir un rapport sexuel et de la nature de celui-ci. Personne ne peut ni ne doit t’obliger à avoir un rapport sexuel dont tu n’as pas envie.

Pour les relations homosexuelles comme pour les relations hétérosexuelles, ce rapport peut prendre différentes formes : masturbation seul•e ou à plusieurs, rapport bucco-génitaux (fellation ou cunnilingus) et pénétration (vaginale ou anale / sodomie). Chacun est libre d’avoir les pratiques sexuelles qu’il désire sans obligation et sans interdit.

Tu es seul•e à savoir ce dont tu as envie et ce que tu es prêt•e à faire avec la personne avec qui tu es et cela toujours dans le respect de toi même et de l’autre et de vos désirs réciproques. Tu n’es en rien obligé•e de faire quelque chose simplement pour faire plaisir à l’autre, il faut que toi aussi tu en aies envie. De même, tu ne dois pas forcer l’autre à faire ce dont tu as envie s’il/elle n’est pas clairement consentant•e.

Il est aussi important de le faire avec un minimum de précautions afin d’éviter les mauvaises surprises (infections sexuellement transmissibles par exemple). Tu pourras aussi obtenir des informations sur ces choses là en appelant la ligne d’Accueil et Écoute au 079 310 31 78.

Une pratique sexuelle quelle qu’elle soit ne détermine pas l’individu, son genre ou sa « valeur » : un homme reste un homme, une femme reste une femme, qu’il/elle soit réceptif/ve (« passif/ve ») ou insertif/ve (« actif/ve »). Ce n’est pas parce qu’un homme pratique une fellation ou qu’il est pénétré qu’il est plus « féminin », « inférieur » ou « moins homme » à celui qui le pénètre ou se fait sucer.

Si tu as des questions ou besoin d’information, n’hésite pas à contacter la ligne Accueil et Écoute ou bien à passer au Groupe Jeunes pour les poser individuellement au responsable ou bien aux membres du groupe qui sont des jeunes de ton âge et qui se posent ou se sont posés les mêmes questions et/ou ont rencontré des situations similaires.


Les infections sexuellement transmissibles (IST) dont le VIH/SIDA !

Quelque soit les pratiques que tu as, tu dois te protéger et protéger ton/ta partenaire.

Tout rapport sexuel expose à des infections sexuellement transmissibles (IST). La plus connue d’entre elle est le VIH/SIDA. Pour s’en protéger, toutes les pénétrations doivent se faire avec un préservatif (masculin ou féminin/fémidon) et parfois du lubrifiant (en particulier pour la sodomie) et il ne faut jamais avoir de sperme ou de sang dans la bouche.

Mais si ces recommandations préviennent efficacement de la transmission du VIH, elles ne protègent pas forcément de toutes les IST. Si les baisers, les caresses et la masturbation ne présentent aucun risque, une fellation ou un cunnilingus sans préservatif ou digue dentaire, de même que l’échange de jouets sexuels (vibromasseur, godemiché…) peut exposer à d’autres IST qui se transmettent par un virus, une bactérie, un champignon ou un parasite. Ces maladies/infections sont nombreuses et diverses : la syphilis (« vérole »), la blennorragie/ gonorrhée (« chaude pisse »), les chlamydiæ, l’herpès génital, le papillomavirus, les condylomes (verrues génitales), les mycoses, les infections au cytomégalovirus (CMV) ou à mycoplasmes, les trichomonases, les morpions (poux pubiens), les hépatites virales (A, B et C)…

Certaines de ces IST peuvent provoquer des symptômes tels que des rougeurs, des démangeaisons, des brûlures, des boutons, des écoulements anormaux… mais d’autres sont invisibles (asymptomatiques). En cas de doute, il est conseillé de consulter un médecin ou d’appeler au plus vite la ligne d’accueil et écoute. Mais même en l’absence de symptôme, à partir du moment où l’on a une sexualité active, il est recommandé de réaliser régulièrement (si possible tous les trois ou quatre mois) un dépistage du VIH (c’est possible à Lausanne à la PMU et auprès de la fondation Profa ainsi qu’à Genève au Check-Point). Les dépistages peuvent être anonymes et les tarifs sont souvent moins élevés pour les jeunes.

Pour d’autres infections il existe parfois un vaccin (c’est le cas pour les Hépatites A et B et le papillomavirus) sinon des traitements efficaces pour la plus part d’entre elles. Un traitement ne fera pas toujours disparaître totalement l’infection et ses conséquences, il donc préférable de ne pas en attraper en adoptant des pratiques dites « safe » c’est à dire en utilisant des préservatifs.

Si tu as des questions ou besoin d’information, n’hésite pas à contacter la ligne Accueil et Écoute ou bien Porfa qui est l’antenne vaudoise de l’Aide Suisse Suisse contre le SIDA (ASS)où tu trouveras des personnes qui sont en mesure de répondre à toutes tes questions sur le VIH/SIDA mais aussi sur toutes les autres IST.

Tu peux également consulter les sites spécialement dédiés aux jeunes et/ou aux homo/bi-sexuel•le•s comme : Ciao.ch, amorix.ch et DrGay.

Par ailleurs, le Groupe Jeunes organise régulièrement des soirées thématiques durant lesquelles la sexualité et la prévention des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) sont abordées avec la venue d’intervenant•e•s extérieur•e•s. Mais même en dehors de ces soirées spécifiques, il est toujours possible de poser toute les questions individuellement au responsable ou avec le groupe.


C’est quoi la vie d’un•e homo/bi-sexuel•le ? :

Tout comme la vie d’un hétérosexuel, elle sera ce que tu en feras. Tu passeras par des difficultés que tu devras affronter, par des joies immenses mais aussi par des déceptions. Tu devras parfois te défendre (surtout à l’école et au travail) pour te faire respecter.

Peu à peu, tu rencontreras des gens qui seront là pour te soutenir quand tu en auras besoins, avec qui partager tes idées et tes goûts. Si tu cherches l’âme sœur, il faudra te montrer souvent très patient. Mais ne désespère jamais car tu es loin d’être le/la seul•e à chercher. Et surtout ne te referme pas aux sentiments par peur de la rupture. Un jour ou l’autre tu trouveras celui ou celle que tu cherches. Mais avant cela, tu devras aussi oublier l’image du « prince charmant » ou de la « princesse » ou encore de la « personne idéale » qui ne correspondent qu’à des clichés de contes de fée mais pas vraiment à la réalité de la vie car on a tous des qualités et des défauts.

Tu apprendras peu à peu quels sont tes goûts, tes envies, tes passions. Tu verras que vivre une relation c’est aussi apprendre à faire des concessions et qu’on ne peut pas tout avoir.

Comme tous les hommes, les homo/bi-sexuels peuvent avoir une vie sexuelle très active et ce avec plusieurs partenaires (surtout entre 18 et 30 ans). Chacun est libre de faire ce qu’il veut mais il faut toujours faire attention à soi et à sa santé.

Tant que tu resteras toi-même, que tu te respecteras et que tu respecteras les autres, tu resteras sur une ligne positive.

Il te faudra aussi faire la part des choses concernant ce qui t’a été transmis, l’éducation, la religion, les valeurs. La plus grande partie des valeurs qui nous sont transmises par nos parents sont bonnes et doivent être gardées. D’autres par contre devront se confronter à ta propre réalité et à tes propres jugements.

Ce qui est important c’est de rester ouvert à la vie quoi qu’il arrive et de continuer l’aventure même si parfois c’est difficile. Peu à peu tu apprendras à utiliser ta sensibilité particulière et en faire une force. C’est aussi ça devenir adulte.

Une fois adulte tu pourras avoir envie d’une vie de couple et de famille. Certes aujourd’hui le mariage n’est pas, du moins pas encore, ouvert aux couples de même sexe. Ce n’est pas pour autant qu’il n’existe pas de couples homosexuels. La loi sur le partenariat enregistré (Lpart) marque d’ailleurs la reconnaissance légale de leur existence et leur offre une couverture juridique. Tu as ou tu pourra avoir l’envie de fonder une famille. La encore les lois ne sont pas encore parfaites puisque la PMA (Procération Médicalement Assistée) et l’adoption ne sont pas ouvertes aux couples de même sexe. Pour autant cela n’empêche pas des familles homoparentales d’exister et ce sous de multiples formes. Ainsi, être homo/bi-sexuel•le ne doit pas être synonyme de renoncement à l’amour, au couple et à la famille. Encore une fois tu es seul•e à décider de ce que sera ta vie.



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